Depuis plus de vingt-cinq ans, le Tarnais Jean-Marc Carayon invente des objets ingénieux, utiles et souvent primés.

Mais derrière ses créations se cache une autre belle idée : faire fabriquer ses produits par les travailleurs en situation de handicap de l’ESAT de Castres. Une alliance humaine et locale qui donne tout son sens à l’innovation.

On pourrait croire qu’il a trois vies. Et c’est d’ailleurs ce qu’il dit lui-même : « Il faudrait trois vies pour faire tout ce qu’on a envie de faire ! ». À 60 ans, le Castrais Jean-Marc Carayon, installé à Montfa, n’a rien perdu de sa curiosité ni de sa soif d’invention. Ce passionné d’objets astucieux, habitué du concours Lépine de Paris qu’il fréquente depuis plus de quinze ans, collectionne les médailles : bronze en 2018 pour sa poignée « Inverter System », qui transforme un parapluie en ombrelle, puis d’autres distinctions pour son parasol Pieffel (un clin d’œil à la tour Eiffel, bien sûr !).

Cette année encore, l’inventeur castrais présentait une nouveauté : une gamme d’éventails parfumables, conçus en bois poreux naturel et compatibles avec toutes les huiles essentielles. « J’ai voulu remettre au goût du jour un objet ancestral, en y ajoutant une touche sensorielle et design » explique-t-il. L’objet a séduit le public du concours Lépine – hors compétition cette fois, faute de dossier administratif complet – mais qu’importe : le succès était bien là.

 

« Sans eux, je n’en serais certainement pas là aujourd’hui »

Derrière ces créations originales, un partenaire de longue date : l’ESAT les Ateliers de Braconnac, à Castres. « Cela fait plus de 25 ans que je travaille avec eux. Ils préparent, assemblent et conditionnent mes produits. Sans eux, je n’en serais certainement pas là aujourd’hui », confie Jean-Marc Carayon, admiratif du savoir-faire et de la réactivité des équipes. 

L’inventeur profite d’ailleurs des portes ouvertes de l’établissement pour les mettre à l’honneur. « Ils donnent un vrai coup de pouce à de nombreuses entreprises locales. Et moi, je voulais leur rendre ce coup de main. »

De l’éventail parfumé au parasol astucieux, en passant plus récemment par des projets agricoles de conditionnement naturel, les idées fusent sans discontinuer. « J’ai toujours mille projets en tête. Je dépose, je teste, je recommence. L’invention, c’est un moteur pour moi ! » Et la relève semble assurée : son fils Florian, déjà « contaminé par le virus de la création », s’apprête à déposer son premier brevet.

Aujourd’hui, sous sa marque Pieffel, Jean-Marc Carayon distribue ses innovations dans toute la région et jusqu’à Paris, où certaines boutiques de créateurs l’auraient déjà approché. Une reconnaissance qui confirme ce qu’il pressent depuis toujours : dans le Sud-Tarn, l’ingéniosité n’a pas fini de souffler.

 

Source « LA DÉPÊCHE » 

ACCUEIL/INSOLITE publié le 08/11/2025 

Pauline Brassart

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